- La « RE2025 » n’est pas une nouvelle réglementation : c’est le palier 2025 de la RE2020, applicable aux permis déposés depuis le 1er janvier 2025.
- Les seuils carbone de construction ont baissé de 12 à 17 % selon la typologie (640 à 530 kg CO₂eq/m² pour une maison individuelle, soit -17 %).
- Le surcoût du seul jalon 2025 est modéré : environ +2 % du coût de construction (de l’ordre de 28€/m²) selon le rapport Rivaton. La trajectoire complète 2022-2031 pèse +11 %.
- La trajectoire est connue jusqu’en 2031. Un logement construit aujourd’hui reste dans le haut du marché pour longtemps.
Vous achetez un appartement ou une maison neuve en Hauts-de-France ? La RE2025 vous concerne directement, même si vous n’en entendez jamais parler pendant votre achat. Voici l’essentiel, sans jargon.
RE2025, RE2020 : de quoi parle-t-on ?
Levons tout de suite une ambiguïté. Le terme « RE2025 » n’est pas officiel. Les textes de loi parlent des « seuils 2025 de la RE2020 ». La RE2020 (Réglementation Environnementale 2020) est la norme qui encadre toutes les constructions neuves depuis le 1er janvier 2022.
Elle a été conçue avec une trajectoire progressive en plusieurs paliers : 2022, puis 2025, 2028 et 2031. À chaque étape, les exigences carbone se resserrent. Le palier 2025, surnommé RE2025 par les professionnels, est le premier tour de vis. Il s’applique aux projets dont le permis de construire a été déposé à partir du 1er janvier 2025.
La grande différence avec l’ancienne
RT2012 : celle-ci ne mesurait que l’énergie consommée une fois le logement habité. La RE2020 calcule en plus le carbone émis pour fabriquer les matériaux et construire le bâtiment. C’est justement sur ce volet carbone que le palier 2025 a serré la vis.
Ce qui a changé depuis le 1er janvier 2025
Le changement le plus concret porte sur l’indicateur carbone de construction (l’Ic construction), exprimé en kilos de CO₂ par mètre carré. Il mesure l’empreinte des matériaux et du chantier. Depuis janvier 2025, une maison individuelle doit descendre sous 530 kg CO₂eq/m² (contre 640 avant), et un logement collectif sous 650 kg (contre 740). Plus ce chiffre est bas, plus le logement est sobre en carbone dès sa construction.
Les seuils se resserrent palier après palier. Voici la trajectoire complète pour les deux typologies de logement :
Seuils Ic construction en kg CO₂eq/m² de surface de plancher. Source : Ordre des Architectes et FFB, 2025.
Un changement marqué concerne les immeubles collectifs chauffés au gaz. Le seuil qui mesure le carbone lié à la consommation d’énergie (l’Ic énergie) a été divisé par deux pour les collectifs non raccordés à un réseau de chaleur : de 560 à 260 kg CO₂eq/m²/an. En pratique, une chaudière gaz seule ne permet plus de tenir ce seuil. Les logements neufs passent à la pompe à chaleur, au réseau de chaleur urbain ou à des solutions hybrides.
Un ajustement plus technique a aussi resserré les règles : la fin de la modulation dite « MIDED », qui accordait une petite marge aux projets s’appuyant sur des données environnementales génériques plutôt que sur les données réelles des fabricants. Cette marge a disparu.
Concrètement, qu'est-ce que ça change pour vous ?
C’est la vraie question quand on achète. Respecter des seuils plus stricts coûte un peu plus cher à construire, mais les ordres de grandeur sont souvent exagérés. Le rapport Rivaton, remis au ministère du Logement en juillet 2025, chiffre le surcoût d’investissement de la trajectoire complète 2022-2031 à environ +11 % : +2 % pour l’isolation, +3 % pour le chauffage et l’eau chaude, +6 % pour la décarbonation des matériaux. Le seul jalon 2025 pèse environ +2 %, soit de l’ordre de 28€/m².
En clair : le passage au palier 2025 ajoute environ 2 % au coût de construction. Ce n’est pas ce surcoût, modéré et prévisible, qui doit guider votre choix, mais la qualité de conception du logement.
Ce surcoût est à mettre en regard de ce que vous obtenez. Un logement conforme au palier 2025 consomme moins d’énergie pour se chauffer et produire l’eau chaude : la facture est allégée sur toute la durée de vie du bien. L’ampleur exacte dépend de votre logement (surface, chauffage, orientation, usages), donc elle ne se résume pas à un chiffre unique, mais la tendance est mécanique.
Vous gagnez aussi en confort d’été, car la réglementation impose des protections contre la surchauffe, et en valeur patrimoniale : le bien reste bien classé si vous revendez dans dix ou quinze ans. Notre conviction de conseiller : le vrai risque n’est pas le surcoût du palier 2025, c’est d’acheter un logement mal conçu qui subit la réglementation au lieu de l’anticiper.
Et les autres bâtiments ? Ce qui a bougé en 2026
Jusqu’ici, la RE2020 s’appliquait aux logements, aux bureaux et aux écoles. Depuis le 1er mai 2026, son périmètre s’est élargi à une série de bâtiments tertiaires : hôtels, restaurants, commerces, résidences seniors, crèches, équipements sportifs ou culturels, entre autres (décret n°2026-16 du 15 janvier 2026). Une dizaine de nouvelles catégories rejoignent la réglementation.
Autre nouveauté : un décret d’ajustement du 18 mars 2026, en vigueur depuis le 1er juillet 2026. Dans la foulée du rapport Rivaton, il assouplit quelques règles de calcul jugées trop pénalisantes (balcons et terrasses, hauteur sous plafond, immeubles de grande hauteur, surélévations). Point important : il ne revient pas sur les seuils carbone 2025, 2028 et 2031 des logements. La trajectoire de fond reste la même.
Jusqu'où vont les exigences ? La trajectoire jusqu'en 2031
La RE2020 a publié sa feuille de route dès le départ. Après le palier 2025, deux marches restent à venir : 2028 puis 2031. Pour une maison individuelle, le seuil carbone passera de 530 kg CO₂eq/m² aujourd’hui à 415 kg en 2031, soit -35 % par rapport à 2022. Pour les collectifs, la cible 2031 est de 490 kg (le détail figure dans le tableau plus haut).
Cet affichage sur plusieurs années est voulu : il laisse aux industriels le temps d’investir dans des matériaux moins carbonés (bois de structure, béton bas carbone, isolants biosourcés) et de faire baisser leurs coûts. Pour vous, c’est plutôt rassurant : le logement que vous réservez aujourd’hui respecte déjà un palier plus exigeant qu’en 2022, et restera dans le haut du marché le jour où vous revendrez.
Cette trajectoire s’inscrit dans un objectif national : la Stratégie nationale bas-carbone vise à ramener les émissions directes du bâtiment d’environ 57 à 37 millions de tonnes de CO₂ à l’horizon 2030. La RE2020 et ses paliers en sont l’un des principaux leviers.
Questions fréquentes
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Rédacteur | Tisserin-promotion.com