Espace client

Éco-PTZ ou PTZ : ce que chacun finance en 2026

L'éco-PTZ est un prêt sans intérêts qui finance les travaux de rénovation énergétique d'un logement de plus de deux ans, sans condition de ressources, jusqu'à 50 000€. Il ne finance pas l'achat, contrairement au PTZ. Ce que chacun permet en 2026, et ce que cela change entre ancien à rénover et neuf en Hauts-de-France.

Financer son achat · Mis à jour le 02/11/2026 · Lecture 14 min

Sommaire
  1. Qu’est-ce que l’éco-PTZ, exactement ?
  2. Éco-PTZ ou PTZ : quelle différence, concrètement ?
  3. Quels logements peuvent être financés par un éco-PTZ ?
  4. Qui peut emprunter, et faut-il un plafond de ressources ?
  5. Quels travaux l’éco-PTZ finance-t-il, et jusqu’à combien ?
  6. L’éco-PTZ MaPrimeRénov’ et le prêt complémentaire
  7. Pourquoi l’entreprise doit-elle être RGE ?
  8. Peut-on cumuler éco-PTZ et PTZ pour acheter de l’ancien ?
  9. En Hauts-de-France, le PTZ dans l’ancien dépend de votre commune
  10. Ancien à rénover ou neuf : l’exemple chiffré à Douvrin
  11. Dans le neuf, seul le PTZ entre en jeu
  12. Jusqu’à quand l’éco-PTZ est-il ouvert ?
  13. Les obligations tant que le prêt court
  14. Comment obtenir un éco-PTZ, dans l’ordre ?
  15. Questions fréquentes

Vous hésitez entre une maison ancienne à rafraîchir et un logement neuf, et deux sigles reviennent sans cesse : PTZ et éco-PTZ. Ils se ressemblent, ils ne financent pas du tout la même chose. Voici ce que permet chacun en 2026, et ce que cela change, chiffres posés, pour un achat en Hauts-de-France.

Qu’est-ce que l’éco-PTZ, exactement ?

L’éco-PTZ est un prêt sans intérêts réservé aux travaux de rénovation énergétique d’un logement déjà construit : isolation, fenêtres, chauffage, assainissement. Il ne finance jamais l’achat lui-même. Il est accordé par une banque conventionnée avec l’État, sans condition de ressources, jusqu’à 50 000€ pour une rénovation globale selon la fiche officielle de service-public.

Ce sont les intérêts que l’État prend en charge, via un crédit d’impôt accordé à la banque, organisé par l’article 244 quater U du code général des impôts. Pour vous, le résultat est simple : vous remboursez uniquement le capital emprunté, en mensualités constantes.

Éco-PTZ ou PTZ : quelle différence, concrètement ?

Le PTZ aide à acheter sa résidence principale quand on est primo-accédant, sous plafond de ressources ; l’éco-PTZ aide à rénover un logement de plus de deux ans, sans plafond de ressources. Le premier dépend de la zone de la commune, le second non. Ce sont deux prêts distincts, qui peuvent se cumuler.

PTZ ou éco-PTZ : les deux prêts côte à côte en 2026

CritèrePTZÉco-PTZ
Ce qu'il financeL'achat de la résidence principale (neuf, ou ancien avec travaux)Les travaux de rénovation énergétique ou d'assainissement
Logement viséNeuf, ou ancien avec au moins 25 % de travauxLogement construit depuis plus de 2 ans
QuiPrimo-accédant (pas propriétaire de sa résidence principale depuis 2 ans)Propriétaire occupant ou bailleur
Plafond de ressourcesOui, selon la zone et le nombre d'occupantsNon
Zone de la communeNeuf : toutes zones ; ancien : B2 et C seulementToutes zones
Montant10 à 50 % du coût d'opération, plafonnéDe 7 000€ à 50 000€ selon les travaux
Durée maximale25 ans15 ans, 20 ans en rénovation globale ou MaPrimeRénov'
Sources : service-public.gouv.fr, fiches F10871 (vérifiée le 15 septembre 2026) et F19905 (vérifiée le 1er septembre 2026) ; ANIL, à jour au 2 septembre 2026

La confusion vient du sigle, et elle coûte cher dans un plan de financement : un acheteur qui compte sur un « éco-PTZ » pour acheter un appartement neuf n’aura rien, tandis qu’un acheteur d’une maison ancienne à rénover peut parfois mobiliser les deux. Pour le PTZ lui-même, ses montants et ses conditions, notre page le prêt à taux zéro fait le tour du sujet.

Quels logements peuvent être financés par un éco-PTZ ?

Le logement doit être votre résidence principale, ou le devenir, et avoir été construit depuis plus de deux ans à la date du début des travaux, précise service-public, vérifié le 1er septembre 2026. S’il est loué après les travaux, il doit l’être dans les six mois qui suivent leur fin.

Cette condition de deux ans écarte d’emblée le neuf : un logement qui vient d’être achevé n’ouvre pas droit à l’éco-PTZ classique. C’est logique, puisqu’il sort déjà conforme à la réglementation environnementale, ce que détaille notre article sur le logement neuf RE2020.

Une maison secondaire, elle, n’est pas éligible. L’ANIL admet en revanche qu’un logement occupé au moins huit mois par an vaut résidence principale pour l’éco-PTZ classique.

Qui peut emprunter, et faut-il un plafond de ressources ?

Peuvent emprunter les propriétaires occupants comme les propriétaires bailleurs, les copropriétaires et certaines sociétés civiles non soumises à l’impôt sur les sociétés, détaille l’ANIL, à jour au 2 septembre 2026. L’éco-PTZ est attribué sans condition de ressources : votre revenu ne vous en exclut pas.

La banque reste toutefois libre de son analyse : elle étudie votre endettement et votre capacité de remboursement comme pour n’importe quel crédit. Le syndicat des copropriétaires dispose, lui, d’un prêt à part, l’éco-PTZ copropriété, pour les travaux sur les parties communes.

Quels travaux l’éco-PTZ finance-t-il, et jusqu’à combien ?

Le plafond dépend du nombre et de la nature des travaux : 7 000€ pour les seules parois vitrées, 15 000€ pour une autre action, 25 000€ pour deux, 30 000€ pour trois ou plus, 50 000€ pour une rénovation globale et 10 000€ pour l’assainissement non collectif, selon service-public.

Plafonds et durées de l'éco-PTZ selon les travaux

Travaux financésMontant maximalDurée maximale
1 action sur les parois vitrées7 000€15 ans
1 action d'une autre nature15 000€15 ans
2 actions25 000€15 ans
3 actions ou plus30 000€15 ans
Rénovation globale (performance énergétique)50 000€20 ans
Éco-PTZ MaPrimeRénov'50 000€, dans la limite du reste à charge20 ans
Assainissement non collectif10 000€15 ans
Sources : service-public.gouv.fr, fiche F19905, vérifiée le 1er septembre 2026 ; ANIL, à jour au 2 septembre 2026

Les actions de rénovation ponctuelle couvrent notamment l’isolation des toitures, des murs donnant sur l’extérieur et des planchers bas, le remplacement des fenêtres, et l’installation d’un chauffage ou d’une production d’eau chaude utilisant une énergie renouvelable. La rénovation globale, elle, se juge sur le résultat : un audit énergétique préalable doit démontrer que le projet fait gagner au moins deux classes sur le diagnostic de performance énergétique, d’après la même fiche. Une maison classée F qui vise D entre dans ce cas, une maison classée D qui vise C n’y entre pas.

Côté durée, le remboursement court sur 15 ans au plus, et jusqu’à 20 ans pour une rénovation globale ou un éco-PTZ adossé à MaPrimeRénov’, d’après l’ANIL.

L’éco-PTZ MaPrimeRénov’ et le prêt complémentaire

L’éco-PTZ MaPrimeRénov’ finance le reste à charge de travaux qui ont ouvert droit à la prime, dans la limite de 50 000€ : le montant prêté ne peut pas dépasser le coût des travaux diminué des aides perçues, selon l’ANIL. C’est la formule la plus courante pour une rénovation lourde.

Si un premier éco-PTZ ne suffit pas, un éco-PTZ complémentaire peut être demandé dans les cinq ans qui suivent l’émission de l’offre du premier. Les deux prêts additionnés ne dépassent jamais 50 000€, et parfois 30 000€ selon la nature des travaux, précise service-public. Pratique quand on rénove par étapes.

Pourquoi l’entreprise doit-elle être RGE ?

Parce que c’est une condition d’octroi : les travaux de rénovation énergétique doivent être réalisés par une entreprise titulaire du signe de qualité RGE, pour « Reconnu garant de l’environnement ». Seuls les travaux d’assainissement par un dispositif ne consommant pas d’énergie y échappent, selon service-public.

L’entreprise remplit d’ailleurs une partie du dossier : un formulaire « entreprise » accompagne votre formulaire « emprunteur » et les devis détaillés. Vous disposez ensuite de trois ans à compter de l’émission de l’offre pour réaliser les travaux et transmettre les factures, d’après l’ANIL.

Un point à contrôler avant de signer le devis, pas après : la qualification RGE de l’artisan. Un devis signé avec une entreprise non qualifiée ne se rattrape pas.

Peut-on cumuler éco-PTZ et PTZ pour acheter de l’ancien ?

Oui. L’éco-PTZ se cumule avec le PTZ d’accession, avec MaPrimeRénov’ et avec les certificats d’économies d’énergie, confirme service-public. Une règle change toutefois le calcul : les travaux financés par l’éco-PTZ sortent du coût d’opération retenu pour le PTZ, précise l’ANIL.

Autrement dit, un même euro de travaux ne peut pas être financé deux fois sans intérêts. Selon le montant de votre projet, ce retrait ne coûte rien, ou il réduit votre PTZ : l’exemple plus bas montre dans quel cas.

Le PTZ dans l’ancien a aussi ses propres conditions : les travaux doivent représenter au moins 25 % du coût total de l’opération, d’après la fiche PTZ de service-public. Et il n’est ouvert que dans certaines communes.

En Hauts-de-France, le PTZ dans l’ancien dépend de votre commune

Le PTZ pour un logement ancien avec travaux n’est accordé qu’en zone B2 ou C, rappelle service-public. Or, dans la liste officielle du zonage en vigueur depuis le 26 juin 2026, 3 527 communes des Hauts-de-France sur 3 782 sont classées B2 ou C, soit 93 %.

Résidence neuve à Loos vue en axonométrie
Résidence neuve à Loos, dans le Nord : la zone de votre commune décide de l'accès au PTZ dans l'ancien.

Les exceptions sont précisément les villes où l’on cherche le plus : Lille, désormais en zone A, Lens, Arras, Douai, Valenciennes ou Dunkerque, en zone B1. Dans ces communes, une maison ancienne à rénover ne donne droit à aucun PTZ, même avec de gros travaux. L’éco-PTZ, lui, reste possible partout.

À l’inverse, Douvrin, Méricourt, Ostricourt ou Bauvin sont en B2, Nomain et Bertincourt en C. Pour connaître la zone de votre commune et ce qu’elle change, notre article sur les zones PTZ en Hauts-de-France donne la marche à suivre.

Ancien à rénover ou neuf : l’exemple chiffré à Douvrin

Posons une hypothèse : un couple avec un enfant, primo-accédant, 42 000€ de revenu fiscal de référence, qui vise 230 000€ de projet à Douvrin, commune en zone B2. Selon qu’il achète ancien ou neuf, maison ou appartement, la part financée sans intérêts varie du simple au triple.

Le calcul suit les barèmes de service-public. Le revenu divisé par le coefficient familial de 1,8 donne 23 333€, soit la tranche 3 en zone B2. Le coût d’opération retenu est plafonné à 198 000€ pour trois personnes en B2. La quotité de la tranche 3 vaut 40 % dans l’ancien avec travaux et pour un appartement neuf, 20 % pour une maison neuve.

Prêts sans intérêts mobilisables pour 230 000€ de projet à Douvrin (hypothèse)

  • Maison ancienne + travaux, avec éco-PTZ109 200€
  • Maison ancienne + travaux, PTZ seul79 200€
  • Appartement neuf, PTZ79 200€
  • Maison neuve, PTZ39 600€
Calcul Tisserin Promotion sur une hypothèse : couple avec un enfant, 42 000€ de revenu fiscal, zone B2, tranche 3. Barèmes service-public F10871 et F19905, zonage data.gouv.fr au 26 juin 2026

Côté ancien, prenons une maison à 150 000€ et 80 000€ de travaux, dont 30 000€ de travaux énergétiques financés par un éco-PTZ. Le coût retenu pour le PTZ tombe à 200 000€, toujours au-dessus du plafond : le PTZ reste à 79 200€, et l’éco-PTZ ajoute 30 000€, soit 109 200€ sans intérêts. Les travaux pèsent 34,8 % du projet, et encore 25 % une fois les 30 000€ de l’éco-PTZ retirés : l’exemple tient le seuil de 25 % dans les deux lectures, la fiche de service-public ne précisant pas à quel moment il s’apprécie.

Côté neuf, au même prix, la maison neuve donne un PTZ de 39 600€ et aucun éco-PTZ ; l’appartement neuf, 79 200€. L’écart apparent est donc net, mais il ne raconte pas tout : l’ancien porte des frais de notaire plus lourds, détaillés dans notre article sur frais de notaire dans le neuf, un chantier à piloter et un risque de dépassement de devis.

Ces montants sont des plafonds théoriques, avant l’accord de la banque, et ils ne disent rien de la mensualité finale, qui dépend aussi de la durée choisie pour chaque prêt et du différé éventuel du PTZ. Ils montrent seulement où se situe l’aide, à revenus et budget identiques.

Dans le neuf, seul le PTZ entre en jeu

Dans le neuf, seul le PTZ joue : depuis le 1er avril 2025, il est ouvert à tous les logements neufs, maisons comme appartements, dans toutes les zones, et cette extension s’applique jusqu’au 31 décembre 2027, selon service-public. L’éco-PTZ n’a pas d’objet, puisqu’il n’y a pas de travaux énergétiques à financer.

C’est l’argument qui équilibre l’exemple de Douvrin : un logement neuf ne demande pas de rénovation dans les années qui suivent, et ses performances sont connues dès la signature. Le PTZ peut aussi se combiner avec le prêt d’accession sociale, et notre comparatif neuf ou ancien, axe par axe pèse le reste : garanties, taxe foncière, délais d’installation.

Jusqu’à quand l’éco-PTZ est-il ouvert ?

L’éco-PTZ est ouvert aux offres de prêt émises jusqu’au 31 décembre 2027, date fixée par la loi de finances pour 2024 et reprise par le BOFiP. L’ANIL confirme la même échéance. Au-delà, il faudra une nouvelle prorogation votée en loi de finances.

Une réserve, en toute transparence : le projet de loi de finances pour 2027, déposé le 1er octobre 2026, ne touche pas l’éco-PTZ dans sa version initiale. Il propose en revanche d’ouvrir le PTZ aux ménages qui attendent un enfant ou ont un enfant de moins de trois ans, même déjà propriétaires. Le texte est en débat : seule la version votée fera foi.

Les obligations tant que le prêt court

Tant que l’éco-PTZ n’est pas intégralement remboursé, le logement ne peut être ni transformé en local commercial ou professionnel, ni mis en location saisonnière, ni utilisé comme résidence secondaire, rappelle service-public. À défaut, la banque exige le remboursement intégral du capital restant dû.

Concrètement, une maison achetée pour y vivre et rénovée avec un éco-PTZ doit rester une résidence principale, la vôtre ou celle d’un locataire à l’année. Si votre projet de vie peut changer à moyen terme, mutation ou agrandissement de la famille, intégrez cette contrainte au choix de la durée : un prêt sur quinze ou vingt ans vous engage sur la même période.

Comment obtenir un éco-PTZ, dans l’ordre ?

La démarche suit quatre étapes : faire établir les devis par une entreprise RGE, remplir avec elle les formulaires « emprunteur » et « entreprise », déposer le dossier auprès d’une banque conventionnée, puis réaliser les travaux et transmettre les factures dans les trois ans, détaille service-public.

  • Faites chiffrer les travaux avant de signer l’achat : le montant de l’éco-PTZ en dépend.
  • Demandez à la banque de monter le PTZ et l’éco-PTZ ensemble, pour fixer le coût d’opération retenu.
  • Gardez toutes les factures : ce sont elles qui clôturent le prêt.

Si votre projet hésite encore entre ancien et neuf, le plus utile est de faire les deux calculs côte à côte, sur votre commune et vos revenus. Pour la partie primo-accession, notre article sur les conditions du primo-accédant complète le tableau.

Questions fréquentes

Peut-on avoir un éco-PTZ pour un logement neuf ?

Non. L'éco-PTZ classique exige un logement construit depuis plus de deux ans à la date du début des travaux, selon service-public. Un logement neuf n'y a donc pas droit, et il n'en a pas besoin : il sort conforme à la réglementation environnementale. Dans le neuf, c'est le PTZ qui joue, dans toutes les zones jusqu'au 31 décembre 2027.

Faut-il être primo-accédant pour obtenir un éco-PTZ ?

Non. Contrairement au PTZ, l'éco-PTZ n'exige pas d'être primo-accédant et ne pose aucun plafond de ressources. Il suffit d'être propriétaire, occupant ou bailleur, d'un logement de plus de deux ans utilisé comme résidence principale. La banque étudie tout de même votre capacité de remboursement.

Quel est le montant maximal d'un éco-PTZ en 2026 ?

50 000€, pour une rénovation globale ou un éco-PTZ adossé à MaPrimeRénov'. Pour des travaux ponctuels, le plafond va de 7 000€ pour les seules fenêtres à 30 000€ pour trois actions ou plus, et 10 000€ pour l'assainissement non collectif, selon service-public.

Peut-on cumuler un PTZ et un éco-PTZ pour acheter une maison ancienne ?

Oui, à condition que la commune soit en zone B2 ou C pour le PTZ et que les travaux représentent au moins 25 % du coût total. Les travaux financés par l'éco-PTZ sont retirés du coût d'opération retenu pour calculer le PTZ, précise l'ANIL : la banque fait ce calcul au montage du dossier.

L'éco-PTZ va-t-il disparaître ?

Les offres peuvent être émises jusqu'au 31 décembre 2027, selon le BOFiP et l'ANIL. Le projet de loi de finances pour 2027, déposé le 1er octobre 2026, ne le modifie pas dans sa version initiale. Une prorogation au-delà de 2027 dépendra d'une future loi de finances.

Ancien ou neuf, vous voulez comparer sur votre commune ?

Nos conseillers calculent avec vous le prêt à taux zéro auquel vous avez droit sur un programme neuf en Hauts-de-France, à partir de vos revenus et de votre commune.

Être recontacté

Sources