Matériaux biosourcés : ce qu’ils changent dans un logement neuf
Un matériau biosourcé est une matière issue, en tout ou partie, de la biomasse végétale ou animale : bois, chanvre, paille, ouate de cellulose, liège. Dans un logement neuf, ils servent surtout à structurer et à isoler, et un label officiel mesure leur part. Voici ce que cela change pour vous et ce qu'il faut demander avant de réserver.
Sommaire
- Qu’est-ce qu’un matériau biosourcé ?
- Quels matériaux biosourcés trouve-t-on dans un logement neuf ?
- Structure ou isolation : où les trouve-t-on dans le bâtiment ?
- Biosourcé et bas carbone : deux notions qui se recoupent sans se confondre
- Que change la RE2020 pour les matériaux biosourcés ?
- Ce que dit le label « bâtiment biosourcé »
- Ce que représentent 15, 25 et 45 kgC/m² : un exemple sur 100 m²
- Un logement biosourcé est-il plus confortable l’été ?
- Quelles sont les limites des matériaux biosourcés ?
- Les matériaux biosourcés sont-ils assurables comme les autres ?
- Comment savoir si votre futur logement en contient ?
- Ce qu’il faut retenir avant de réserver
- Questions fréquentes
Les matériaux biosourcés reviennent dans les brochures, les labels et les conversations avec les conseillers, souvent sans explication. Pour un acheteur, la question utile est simple : que change la présence de bois, de chanvre ou d’ouate de cellulose dans un logement neuf, et comment savoir si c’est le cas du vôtre ? Voici les textes, les limites, et les documents à demander.
Qu’est-ce qu’un matériau biosourcé ?
Un matériau biosourcé est une matière partiellement ou totalement issue de la biomasse végétale ou animale, pouvant être utilisée comme matière première, selon la définition de l’arrêté du 2 juillet 2024 relatif au label « bâtiment biosourcé », la biomasse étant une matière d’origine biologique, à l’exception des matières de formation géologique ou fossile.
Cette définition trace une frontière nette. Le bois, le chanvre, la paille, le liège ou la laine de mouton en relèvent. Le béton, la laine de verre ou le polystyrène, qui viennent du minéral ou du pétrole, n’en relèvent pas, même s’ils sont recyclés ou peu émetteurs.
Le texte parle aussi de « produits de construction biosourcés », qui comprennent une quantité de matière biosourcée. Un panneau ou un enduit peut donc mêler matière végétale et liant minéral : la définition ne demande pas que le produit soit biosourcé à 100 %.
Quels matériaux biosourcés trouve-t-on dans un logement neuf ?
Six familles reviennent le plus souvent dans la construction neuve : le bois, le chanvre, la paille, l’ouate de cellulose, le liège et la laine de bois, chacune avec un usage de prédilection que le tableau ci-dessous résume, de la structure porteuse à l’isolation des combles.
Les principaux matériaux biosourcés et leurs usages dans un logement neuf
| Matériau | Matière d'origine | Usage courant | Point d'attention |
|---|---|---|---|
| Bois | Végétale | Ossature, charpente, plancher, façade, menuiseries | Protection contre l'eau et le feu à prévoir dès la conception |
| Chanvre | Végétale | Isolation, remplissage de murs | Mise en œuvre par des entreprises formées |
| Paille | Végétale | Isolation de parois à ossature bois | Parois plus épaisses, protection contre l'humidité |
| Ouate de cellulose | Papier recyclé | Isolation des combles et des parois | Mise en œuvre soignée, sensibilité à l'eau |
| Liège | Écorce de chêne-liège | Isolation, sous-couches, revêtements | Matière produite loin de la région |
| Laine de bois | Fibres de bois | Isolation des murs et de la toiture | Densité variable selon l'usage |
La définition retient aussi l’origine animale, avec par exemple la laine de mouton, mais les six matières du tableau couvrent l’essentiel de ce qu’un acheteur rencontre dans la documentation d’un programme. Le papier recyclé de l’ouate de cellulose en fait un cas particulier : sa matière première est végétale, même si elle a déjà servi.
Ce tableau est une grille de lecture, pas un catalogue de nos programmes. Un même logement peut combiner deux ou trois de ces matières, par exemple une ossature en bois et une isolation en ouate de cellulose, sans qu’on puisse parler pour autant d’une maison entièrement biosourcée.
Structure ou isolation : où les trouve-t-on dans le bâtiment ?
Dans un logement neuf, on les trouve surtout à deux endroits : la structure, où le bois remplace tout ou partie du béton, et l’isolation, où chanvre, paille, ouate, liège et laine de bois remplacent les isolants minéraux ou issus du pétrole. Les menuiseries, les cloisons et les revêtements en forment une troisième voie, plus discrète.
Le label officiel retient d’ailleurs huit fonctions : structure et maçonnerie, façade, couverture et étanchéité, menuiseries, isolation, cloisonnement, revêtements et peintures, produits de préparation (article 1 de l’arrêté du 2 juillet 2024). Plus un logement en emploie sur des fonctions différentes, mieux il est noté.
Pour vous, la conséquence est concrète. Un plancher en bois ou une isolation en ouate de cellulose ne font pas un « bâtiment en bois », et l’inverse est vrai : une ossature bois peut très bien être isolée avec un produit qui n’a rien de végétal. Seuls les documents du programme permettent de trancher.
Biosourcé et bas carbone : deux notions qui se recoupent sans se confondre
Un matériau biosourcé n’est pas automatiquement bas carbone, et un matériau bas carbone n’est pas forcément biosourcé : le premier se définit par son origine, la biomasse, le second par ses émissions de gaz à effet de serre calculées sur tout son cycle de vie, comme le fait la RE2020.
Un béton formulé avec moins de ciment peut réduire ses émissions sans contenir la moindre matière végétale. À l’inverse, un matériau biosourcé fortement transformé ou transporté sur de longues distances voit son bilan se dégrader. L’origine végétale est un atout, pas un certificat.
C’est pourquoi le label ne raisonne pas en « matériau écologique » mais en carbone biogénique stocké, défini comme le « carbone issu de l’atmosphère, capté par la biomasse et stocké dans un produit biosourcé » (arrêté du 2 juillet 2024). On mesure ce qui est réellement stocké dans le bâtiment, pas une intention.
Que change la RE2020 pour les matériaux biosourcés ?
La RE2020 s’applique aux logements neufs depuis le 1er janvier 2022 et cumule trois objectifs, la performance énergétique, la réduction de l’impact carbone et le confort pendant les vagues de chaleur (ministère de la Transition écologique) : aucun matériau n’est imposé, la règle fixe un résultat, que le bureau d’études atteint avec les produits de son choix.
Le texte de base est le décret n° 2021-1004 du 29 juillet 2021, qui a créé les exigences de performance énergétique et environnementale des constructions neuves. Il a créé l’article R172-4 du code de la construction, qui liste les résultats calculés pour chaque bâtiment, dont l’impact climatique du cycle de vie de la construction.
Un détail éclaire le lien avec le label : selon l’article R172-4 du code de la construction et de l’habitation, la quantité de carbone stockée dans le bâtiment, exprimée en kgC/m², est calculée à titre informatif. C’est la même unité que celle du label, mais elle ne fait l’objet d’aucun seuil à respecter dans la RE2020 elle-même.
Les plafonds de cet indicateur baissent par paliers jusqu’en 2031, et nous ne refaisons pas ici le tableau : il figure dans notre article sur les seuils carbone de la RE2025. Pour ce que la réglementation change à votre facture et à votre diagnostic, lisez plutôt les avantages de la RE2020.
Ce que cela change en pratique : un promoteur qui doit tenir un plafond carbone de plus en plus bas a intérêt à regarder du côté du bois en structure ou des isolants végétaux. C’est un levier parmi d’autres, aux côtés du béton bas carbone ou du réemploi, pas une obligation.
Ce que dit le label « bâtiment biosourcé »
Le label « bâtiment biosourcé » atteste qu’un bâtiment neuf incorpore une quantité minimale de produits biosourcés par mètre carré et les emploie dans plusieurs fonctions, selon trois niveaux fixés par l’arrêté du 2 juillet 2024, applicables aux demandes de labellisation à partir du 1er septembre 2024.
Ce texte, publié au Journal officiel du 5 juillet 2024, refond le label pour l’aligner sur la méthode de calcul de la RE2020 (Banque des Territoires). Il ne s’impose à personne : le label se demande, il ne se subit pas. Voici ce qu’il exige pour un bâtiment d’habitation.
Les trois niveaux du label « bâtiment biosourcé » pour un bâtiment d'habitation
| Niveau | Carbone biogénique stocké minimal | Fonctions biosourcées exigées |
|---|---|---|
| 1er niveau 2024 | 15 kgC/m² | Au moins deux fonctions différentes |
| 2e niveau 2024 | 25 kgC/m² | Au moins deux fonctions, dont l'isolation |
| 3e niveau 2024 | 45 kgC/m² | Au moins trois fonctions, dont l'isolation |
Les deux exigences se cumulent : une quantité de carbone stockée et une diversité d’usages. Dès le deuxième niveau, l’isolation doit être biosourcée, ce qui écarte les bâtiments où le végétal serait cantonné à un détail de décoration.
Carbone biogénique stocké exigé par niveau du label, bâtiment d'habitation
Ce que représentent 15, 25 et 45 kgC/m² : un exemple sur 100 m²
Les seuils s’expriment en kilogrammes de carbone par mètre carré de surface de référence : pour un logement de 100 m² de surface de référence, le premier niveau suppose au moins 1 500 kgC stockés, le deuxième 2 500 kgC et le troisième 4 500 kgC (calcul sur les valeurs de l’arrêté).
Précision qui compte : la surface de référence est définie par la réglementation RE2020 (l’arrêté y renvoie) et ne se confond pas nécessairement avec la surface habitable inscrite à votre acte. Notre exemple fixe un ordre de grandeur, il ne remplace pas le calcul du programme.
Le choix d’une unité de carbone stocké, plutôt que d’un pourcentage de matière biosourcée, a une logique simple : à surface égale, une structure en bois stocke beaucoup plus de carbone qu’un enduit à base de chanvre. Compter en carbone permet de comparer sur la même base des produits de nature très différente, de la charpente à la peinture.

Un logement biosourcé est-il plus confortable l’été ?
Pas automatiquement : le confort d’été dépend d’abord de l’orientation, des protections solaires, de la surface vitrée et de la ventilation de nuit, et la RE2020 le mesure avec un indicateur en degrés-heures, l’un des résultats à respecter selon l’article R172-4, quels que soient les matériaux employés.
Les matériaux biosourcés peuvent aider, à conditions égales. Un isolant dense, comme la laine de bois ou le chanvre, ralentit l’arrivée de la chaleur de la journée dans les pièces, ce qui compte surtout sous la toiture, souvent la paroi la plus exposée. C’est un effet de ces matières, non une garantie qui s’applique à tous les produits.
Méfiez-vous donc des promesses de type « confort naturel toute l’année ». Le seul chiffre qui vaille est celui de l’étude RE2020 du programme, que vous retrouvez dans les justificatifs expliqués dans notre article sur l’attestation RE2020. Le comparer d’un programme à l’autre vous renseigne mieux qu’une plaquette.
Quelles sont les limites des matériaux biosourcés ?
Les limites tiennent à trois points : un coût qui varie selon le matériau et la mise en œuvre, des filières encore inégales selon les produits et les régions, et des précautions propres à chaque matière face à l’humidité et au feu, qui se règlent à la conception et non après coup.
Le coût d’abord. Nous ne donnons pas de surcoût chiffré, parce qu’aucune source officielle que nous avons ouverte ne l’établit pour un logement entier, et qu’un pourcentage isolé tromperait : il dépend du matériau, de la surface, du mode constructif et de ce qu’on compare. À performance égale, demandez plutôt le prix de deux solutions sur le même logement.
Les filières ensuite. Certaines matières sont produites près de chez nous, d’autres viennent de plus loin, comme le liège. Une filière courte et une mise en œuvre par des entreprises formées améliorent le bilan et la qualité du résultat. Le carbone stocké ne dit rien de la distance parcourue : c’est un autre critère à regarder.
L’humidité et le feu enfin. Le bois et les isolants végétaux craignent l’eau pendant le chantier et doivent être protégés. Leur comportement au feu est classé comme celui de tout produit de construction. Ces points figurent dans les justificatifs techniques du produit, que le constructeur doit pouvoir produire.
Les matériaux biosourcés sont-ils assurables comme les autres ?
Cela dépend du procédé : un matériau mis en œuvre selon les règles professionnelles ou une évaluation technique reconnue s’assure comme n’importe quel ouvrage, tandis qu’un procédé non couvert peut compliquer l’assurance de l’entreprise, donc la garantie décennale sur laquelle vous comptez en tant qu’acquéreur.
Pour vous, la protection est la même que pour tout logement neuf : les garanties légales partent de la réception des travaux et le promoteur répond de la décennale en vente en l’état futur d’achèvement. Tout est détaillé dans notre guide sur la garantie décennale dans le neuf.
Ce que nos conseillers reformulent le plus souvent sur ce point : biosourcé ne signifie ni expérimental ni moins protégé. Si un procédé inhabituel est retenu, demandez simplement quelle attestation d’assurance l’accompagne.
Comment savoir si votre futur logement en contient ?
Pour savoir si un logement neuf contient des matériaux biosourcés, demandez la notice descriptive du programme, qui détaille les matériaux lot par lot, puis l’étude RE2020 et, si le programme en dispose, le label obtenu : la plaquette commerciale ne suffit pas à répondre.
Dans la notice, repérez les lignes qui décrivent le gros œuvre, la charpente, les façades et l’isolation des murs, des planchers et des combles. Chacune nomme un matériau : un mot comme « ossature bois », « ouate de cellulose » ou « laine de bois » vous renseigne, alors qu’une mention vague comme « isolation performante » ne dit rien de la matière employée.
Ce guide ne décrit pas nos programmes : chaque programme a sa notice, et c’est elle qui fait foi. Voici les cinq questions à poser avant de réserver.
- Quels matériaux composent la structure, la façade et l’isolation, lot par lot ?
- Le programme a-t-il demandé le label « bâtiment biosourcé » et à quel niveau ?
- Que dit l’étude RE2020 sur le confort d’été du logement ?
- Quelle attestation d’assurance accompagne un procédé constructif inhabituel ?
- Quel est le prix comparé à performance énergétique égale ?
Posez-les dès la réservation ; pour situer ce moment dans votre parcours, voyez les étapes pour devenir propriétaire. Vous pouvez aussi parcourir nos programmes en Hauts-de-France et interroger le conseiller du programme qui vous intéresse.
Ce qu’il faut retenir avant de réserver
Un matériau biosourcé est défini par son origine végétale ou animale, mesuré par le carbone qu’il stocke, et sa présence dans un logement neuf se vérifie dans la notice descriptive et l’étude RE2020, pas dans une brochure : c’est un atout possible, jamais une garantie de confort ou de prix.
Posez les bonnes questions, comparez à performance égale, et rappelez-vous que le neuf apporte déjà d’autres atouts, présentés dans notre page sur les avantages d’acheter un logement neuf. Pour le choix des matériaux, le dialogue avec le conseiller du programme reste le meilleur point de départ.
Questions fréquentes
Un matériau biosourcé est-il forcément écologique ?
Pas forcément. Il est défini par son origine, la biomasse végétale ou animale, alors que son bilan écologique dépend aussi de sa transformation, de son transport et de sa durée de vie. La RE2020 mesure les émissions sur le cycle de vie : c'est ce calcul, et non l'origine seule, qui compte pour respecter le plafond carbone d'un logement neuf.
Le label « bâtiment biosourcé » est-il obligatoire ?
Non, les textes que nous avons lus ne l'imposent pas : il est délivré sur demande, selon l'arrêté du 2 juillet 2024. La RE2020, elle, s'applique à tous les logements neufs depuis le 1er janvier 2022, mais elle fixe un résultat et n'impose aucun matériau précis.
Les isolants biosourcés rendent-ils le logement plus frais l'été ?
Ils peuvent aider, surtout en toiture, parce qu'un isolant dense ralentit l'arrivée de la chaleur. Mais le confort d'été dépend aussi de l'orientation, des protections solaires, de la surface vitrée et de la ventilation de nuit. Le repère fiable est l'indicateur en degrés-heures de l'étude RE2020 du programme.
Un logement avec des matériaux biosourcés coûte-t-il plus cher ?
Cela dépend du matériau, de la surface et du mode constructif, et nous n'avons pas de chiffre officiel fiable à avancer pour un logement entier. La bonne méthode est de comparer, sur le même logement et à performance énergétique égale, le prix de deux solutions constructives.
Où trouver les matériaux retenus pour un logement acheté sur plan ?
Dans la notice descriptive du programme, qui détaille les matériaux lot par lot, puis dans l'étude RE2020 pour la performance. Si le programme a demandé le label « bâtiment biosourcé », l'attestation précise le niveau. La plaquette commerciale seule ne suffit pas.
Une question sur les matériaux de votre futur logement ?
Nos conseillers vous indiquent, sur un programme donné en Hauts-de-France, où lire les matériaux retenus et ce que précise la notice descriptive.
Être recontactéSources
- Arrêté du 2 juillet 2024 relatif au contenu et aux conditions d'attribution du label « bâtiment biosourcé » (Légifrance, Journal officiel du 5 juillet 2024, texte n° 64)
- Décret n° 2021-1004 du 29 juillet 2021 relatif aux exigences de performance énergétique et environnementale des constructions de bâtiments (Légifrance, version initiale du Journal officiel du 31 juillet 2021)
- Code de la construction et de l'habitation, article R172-4 (résultats calculés au titre de la RE2020) (Légifrance, version en vigueur depuis le 1er mai 2026)
- Réglementation environnementale RE2020 (Ministère de la Transition écologique)
- Le label bâtiment biosourcé se met au diapason de la RE2020 (Banque des Territoires, juillet 2024)